10-LA POÉSIE SUR L'EAU...

Publié le par NADÈGE

Au grè des flots... et des Vents...








BATEAU, MA VIE

Le bateau est en plein canal
Ventre en avant plein de mystère.
La petite maison derrière
En fleur et couleur se pavane.
La coque glisse
Et l'eau se plisse.
Le pêcheur retire sa ligne
Et recule en faisant un signe.

La proue dessine une moustache
Dans le flot qui coule et s'en va
Sous le fond du bateau tout plat.
La poule d'eau plonge et se cache.
Le moteur tousse
L'hélice pousse.
L'homme dirige au macaron
Sa femme est au petit salon.

Femme, homme et maison qui passe
S'engouffrent dans l'écluse ouverte
La porte close plus rien ne reste
De ce petit monde d'en face.
Près de la berge
La poule émerge.
Le pêcheur met sa ligne à l'eau
Moi j'attends le prochain bateau.

à l'Est d'Eden






LE CHALAND


Sur l'arrière de son bateau,
Le batelier promène
Sa maison naine
Par les canaux.
Elle est joyeuse, nette et lisse,
Et glisse
Tranquillement sur le chemin des eaux.
Cloisons rouges et porte verte,
Et frais et blancs rideaux
Aux fenêtres ouvertes.
Et sur le pont, une cage d'oiseau
Et deux baquets et un tonneau
Et le roquet qui vers les gens aboie,
Et dont l'écho renvoie
La colère vaine vers le bateau.
Le batelier promène
Sa maison naine
Sur les canaux,
Qui font le tour de la Hollande,
Et de la Flandre et du Brabant.
Il transporte des cargaisons,
Par tas plus hauts que sa maison
Sacs de pommes vertes et blondes,
Fèves et pois, choux et raiforts,
Et quelquefois des seigles d'or.
Qui arrivent du bout du Monde.

Émile Verhaeren








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ANCE

Autrefois, j'étais goutte de pluie,
Flocon de neige ou ruisselet.
Maintenant, je suis l' Ance dorée
Découvrant des espaces infinis.
Je roule dans mon lit creux
Emportant les fonds sableux.
Je coule sous les ponts
Entraînant les poissons
Dans un clapotement profond.
Bientôt, je coulerai, légère,
Vers la Loire, belle et fière,
En habillant les pierres
De mousse et de lumière. 


°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
ARZON

Au début, je suis un ruisselet
Qui coule au milieu des prés.
Et je plonge dans les rochers
Tout au fond de ma vallée.
Je franchis mes derniers ponts
Pour changer mon nom ARZON.
Et redonner espoir
À mon amie la Loire.


°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
LA LOIRE

La Loire est comme un miroir 
On peut même s'y voir
Elle n'est pas toujours calme
Et des fois, j'y retrouve mon âme.
La Loire a vu plein de saisons
Et parfois, tout le long, on trouve des maisons.
Elle est belle comme une chanson
Que l'on écoute sur le pont.
La Loire est le plus long fleuve de France
Et les soirs d'été sur ses rives, on y danse.

Séroussi Nadine


 









Un long fleuve tranquille...

Cette expression, tout le monde la connaît... et après?


Un long fleuve tranquille...


J'ai entendu, un jour, une phrase un peu futile,
Qui dit que la vie est un long fleuve tranquille.
Y'a du vrai, mais j'aimerais mettre des nuances,
Des crues, des rapides, qui font que le bateau balance.

On vient de partir, de larguer les amarres,
Que déjà on stresse, de peur d'être en retard.
Alors on pagaie, moitié dans l'eau, moitié dans le vide,
Sans penser que bientôt arrivent déjà les premiers rapides.

On voudrait freiner, prendre un peu de bon temps,
Mais l'eau s'agite et on fonce dangereusement.
À ça s'ajoutent les crues, c'est une vraie joute navale,
On lutte avec soi-même pour garder le moral.

Après la pluie le beau temps, après les crues la sécheresse.
Le niveau est bas, on peut vite être en détresse.
S'échouer sur le fond, racler contre la terre,
Et pourtant, impossible de faire machine arrière.

Puis l'on gagne un étang, un lieu où l'eau se calme.
On a le temps de réfléchir, pourquoi pas de faire un slam,
C'est un moment important, où il faut faire le point,
Car on est sur le point de se choisir un chemin.

Certains vont accélérer, d'autres faire la planche,
Ou tourner en rond jusqu'à ce que le bateau flanche.
Entraînés par le courant, certains ne choisiront pas,
Mais une chose est sûre, personne ne veut en rester là.

Puis l'on repart, on se pose moins de questions,
Mais le problème vient maintenant de notre embarcation.
Car même sur l'eau, on n'est pas tous à la même enseigne.
Certains ont un moteur pour avancer, alors que d'autres en saignent.

Il y a ceux qui ont des ferries, des bateaux à étages,
Et ceux sur leurs planches qui se renverseront au premier tangage. 
À vous de parier sur le meilleur navire,
Voilier ou vapeur, dans l'espoir qu'ils ne chavirent?

Ferrez-vous le voyage seul, ou prendrez-vous des passagers?
Amis, amours qui pourront prendre le relais,
Prendre la pagaie quand la journée ne sera pas gaie,
Et qui resteront avec vous jusqu'à l'arrivée au quai.

Mais tous ne pourront pas suivre votre cours.
Ils resteront sur la berge, attendant leur tour,
Ou parce que le leur est déjà passé,
Ils rentreront dans les terres, s'éloigneront à jamais.

Tous n'arriveront pas au bout du voyage.
Certains couleront, même dans la fleur de l'âge,
Brisés par un autre navire, ne referont plus surface.
D'autres rejoindront la berge et feront du surplace.

La vie à bord est pas toujours facile, pire qu'un bateau ivre,
On dit « le mal de mer », je préfère « le mal de vivre ».
On ne trouve plus vraiment de raison à avancer,
Pourtant, avons-nous le cran de... reculer?

À contre-courant, ça peut être encore pire,
Peiner pendant des heures, dans l'espoir de repartir,
Repartir à zéro, commencer un nouveau voyage...
Mais tous les efforts sont vains, on ne reverra pas les premiers rivages.

La fatigue se fait sentir, on finit par perdre l'énergie,
On souhaite pourtant voir le quai promis.
Alors on se laisse porter au gré du vent,
Ou on se fait tirer par de plus jeunes gréements.

Et puis il y a l'eau, la dangereuse eau qui dort,
Symbole des premières vies, mais aussi symbole de mort.
Sa masse nous étouffe et la vase nous salit,
Les prédateurs attendent leur tour, dans l'ombre tapis.

Tout a une fin, et ce long fleuve aussi.
C'est en se jetant dans la mer qu'on pense finir sa vie.
Mais à l'arrivée, ce sont des chutes d'eau, une fin plus brutale,
Ou le courant est si fort qu'il en devient fatal.

Je vais vous laisser, pour l'heure l'eau est calme.
Je reprends mon voilier, un peu de vague à l'âme.
Je suis un peu anxieux, j'espère que le voyage sera sûr,
Et surtout, qu'il ne se fera pas à vive allure.



°°°°° http://Timslam.skyrock.com °°°°°
















°° SANTIANO °°
Artiste: Hugues Aufray


C'est un fameux trois-mâts fin comme un oiseau. 
Hisse et ho, Santiano ! 
Dix huit nœuds, quatre cent tonneaux : 
Je suis fier d'y être matelot. 

{Refrain:} 
Tiens bon la vague tiens bon le vent. 
Hisse et ho, Santiano ! 
Si Dieu veut toujours droit devant, 
Nous irons jusqu'à San Francisco. 

Je pars pour de longs mois en laissant Margot. 
Hisse et ho, Santiano ! 
D'y penser j'avais le cœur gros 
En doublant les feux de Saint-Malo. 

{Refrain} 

On prétend que là-bas l'argent coule à flots. 
Hisse et ho, Santiano ! 
On trouve l'or au fond des ruisseaux. 
J'en ramènerai plusieurs lingots. 

{Refrain} 

Un jour, je reviendrai chargé de cadeaux. 
Hisse et ho, Santiano ! 
Au pays, j'irai voir Margot. 
A son doigt, je passerai l'anneau. 

Tiens bon la vague tiens bon le vent. 
{Tiens bon le cap tiens bon le flot.} 
Hisse et ho, Santiano ! 
Sur la mer qui fait le gros dos, 
Nous irons jusqu'à San Francisco
Paroles Mania 

























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